lundi 7 septembre 2009

San-Francisco

Pour bien commencer, il fallait une ville à la hauteur de mes capacités. San-Francisco offre en cela une architecture superbe, une ambiance magique, une langueur délicate, une lumière changeante. Autant d'éléments gages d'une photo réussie...Et pourtant.

Tout d'abord, un cliché immanquable du tramway de la ville, qui ne serait néanmoins pas le même sans un poteau pour l'agrémenter, une voiture coupée ainsi qu'un coin de distributeur de journaux. Et comme si cela ne suffisait pas, il convenait bien sûr de couper le dit tramway. Heureusement, la lumière était nickel, ce qui sauve complètement la photo...



Pour continuer, une rue tout à fait passionnante.On notera la présence complètement esthétique d'une grue, en haut à droite, signe de l'expansion économique de la ville et d'une vue imprenable sur les poubelles, le tout nimbée d'une lumière légère parfaitement capturée par mon oeil expert.



On s'acharne à downtown en se disant qu'on aura plus de chance pour la prochaine photo.Ou pas. Il faut dire que cette passion pour les arrières de voitures et ce choix stratégique de la lumière ne pouvait laisser la moindre chance de réussite. Un grand moment de solitude.





Tentons donc notre chance au milieu des Old Ladies, en direction du Pier...Multicolores et atypiques, en théorie tout semble parfait. En théorie...Dans la pratique, un sens du cadrage à propos et un goût avéré pour les poteaux auront eu raison de la tentative.Esotérique.





Désespérée, je tente une prise à l'instinct...Parfois, on ne devrait pas faire des gestes inconsidérés...J'en veux pour preuve ce résultat qui se passe de commentaires. Le poteau,la voiture, protagonistes fidèles sont toujours là, en outre, instinct oblige, l'ensemble n'est pas droit. Un autre grand moment de fulgurance artistique.

ll est alors temps de s'essayer à la photo concept. Bien prendre garde à ne pas cadrer et si possible, ne pas être droit. Ne jamais oublier le poteau, élèment clef du succès. Le parapluie aurait pu être une bonne idée, encore aurait-il fallu qu'il soit,lui aussi, entier.L'arbre coupé offre la touche finale de cette fresque à l'émotion singulière.



En voulant prendre le dénivelé de la ville, on obtient une vue imprenable sur une toile de câbles, du plus bel effet. En outre, on saura avantageusement tirer parti du temps couvert pour ne pas en faire un cliché à l'ambiance apocalyptique.Une réussite!






Et en arrivant sur le Pier, on oublie pas la photo incontournable, hommage vibrant à ce haut lieu de la gastronomie ayant fermé ses portes en France. Un cliché nécessaire pour un combat important.






Le Pier, enfin, ses petites échopes en bois...La ville au loin...Qui, rappelons-le, n'EST PAS une ville industrielle des années 50.






La seconde tentative de photo concept est à la hauteur de la première: un bijou. La capacité confondante à prendre un building à 25 kms de distance et derrière un mur, avec en prime un bout d'enseigne de magasin pour rogner un quart de la photo. Réalisé sans trucage.





Mais l'essentiel dans les photos, c'est quand même de saisir l'instant d'humanité.Ici, des touristes, à l'attitude élégante, pour une photo pleine de douceur et de finesse, coupée, tout à fait volontairement, pour éviter au spectateur de voir son cœur imploser devant la beauté d'un tel spectacle.


Si finalement tout échoue, reste à se rabattre sur le cliché de nuit.En principe ça change tout et ça donne une autre dimension aux choses, la nuit. Notez que ceci n'est pas faux...Le voyant rouge du passage piétons attire le regard sur ce cadrage, encore une fois, parfait.
Cette série de rêves étant à présent terminée, j'espère vous avoir fait voyager un peu. A défaut, un ticket de RER ligne C en direction de Savigny-sur-Orge offrira vraisemblablement les mêmes frissons, voire bien davantage.

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